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Comptes d'apothicaire

Comptes d'apothicaire

Je n'aime pas passer des tronçons de chemin à la trappe. Fouler l'entièreté du parcours est pour moi très important. C'est une satisfaction, une fierté de me dire que le l'ai fait de A à Z. D'une manière générale, j'aime construire du début à la fin. C'est pour cela que je prenais beaucoup de plaisir à tirer mes photos en noir et blanc, il y a quelques années. Lorsque j'ai marché en Bretagne au mois d'août, j'ai également squizzé une étape entre Brec'h et Vannes. À cause de mes foutus genoux ... Mais bon, il faut bien s'adapter et contourner quand c'est nécessaire. L'essentiel est de continuer. Ce matin, nous partirons avec une avance de dix kilomètres. Nous n'aurons pas découvert ce que nous offre le paysage entre Don Fadrique et Villacana. La nature gardera secrètes ses plaines et sa végétation.

Le petit-déjeuner a été mis à notre disposition hier soir. Tout est sur un plateau dans le couloir. Nous avons juste à nous servir. Seulement, lorsque j'arrive, quelques gâteaux ont déjà disparus. Le petit-déjeuner est censé être pour quatre car un autre homme est arrivé hier soir (avec une immonde odeur de pieds). On ne va pas s'étouffer ... Et avaler de telles sucreries dès le matin, non merci. Super pour le pic de glycémie dans l'heure qui suit. Je consulte Google Maps et vois qu'une boulangerie toute proche ouvre à 7h. J'y vais à 7h05. Fermée. De plus, nous ne trouverons aucun magasin jusqu'à Tembleque, à 18 kilomètres. Je me contente d'un verre de lait. Il vaut mieux ne rien manger plutôt que de se bourrer de sucre dès le matin et avoir une fringale une heure après. Là, je devrais tenir beaucoup plus longtemps. Et puis déjeuner avec l'odeur de pieds ne met pas du tout en appétit. Les José ne sont pas tentés non plus par ce festin matinal. Nous décidons d'aller déjeuner dans un café.

Après deux gros croissants toastés, un lait chaud et un zumo (oranges pressées), me voici rassasiée pour entamer la journée. Nous quittons la ville sous une brume qui s'épaissit à mesure que nous progressons. Le temps devient humide et se rafraichit. Sur la droite se dessinent des monts émergeant de leur nuit. J'aime voir les reliefs. Les José me dépassent dès ma première pause pipi. Cela me permet de me retrouver seule. Peu à peu, le soleil monte et l'horizon s'éclaircit. À une centaine de mètres devant moi, je distingue dans le fin brouillard, la silhouette d'un âne. Je m'approche et constate qu'il est attaché à un arbre. Sur la gauche, trône un terrain clos fait de bric et de broc où s'amoncellent des tas de tout et de rien. Près de l'équidé, broute une chèvre et picorent quelques poules. Je m'approche de l'animal portant au-dessus des yeux une frange en lanières de cuir, afin de le photographier. J'entends une voix derrière moi. Un homme sans âge, à la barbe hirsute, oscillant entre l'ermite, l'ascète et le druide aux multiples décorations me crie quelque chose. Il est assis dans son enclos alors que les animaux ne sont pas enfermés. C'est un peu le monde à l'envers. Je m'approche, je crois comprendre qu'il ne souhaite pas que je photographie l'âne. Mais ce n'est pas cela. Il me demande simplement de prendre garde à l'animal, susceptible de faire une ruade. Je prends quelques clichés, remercie l'homme et poursuis ma route. Le soleil s'impose enfin, sortant les montagnes des ténèbres. Les champs d'oliviers à perte de vue s'illuminent. Les reliefs alentours me rappellent la province de Valence. Vignes et pistachiers meublent les vastes étendues. Les José sont à environ un kilomètre devant moi. Le clocher et les deux moulins de Tembleque se dressent au loin. Un arc-en-ciel danse au-dessus de la terre que l'on arrose.

Les José sont à l'Office de Tourisme lorsque j'arrive. Je fais tamponner ma credential. La charmante hôtesse nous photographie sur la magnifique Plaza Mayor et nous envoie les photos par mail. Puis, nous partons nous rafraîchir autour d'une bière accompagnée de quelques tapas. Derrière son bar, le patron jette un œil sur chacune des tables, tout en grignotant régulièrement. Je l'observe mastiquant sans arrêt. Pendant ce temps, José Ignacio réserve l'hébergement. Il est des petits bars qui ne payent pas de mine, mais où l'on trouve des produits de qualité pour un prix plus que raisonnable. On trouve également des vitrines plutôt "tape à l'oeil", où l'on ne se régale pas pour un prix surestimé. C'est la même chose en France. Mes compagnons de route sont très bavards. Je comprends un quart de ce qu'ils disent. Et encore ... Soudain, ils discutent paëlla. J'interviens. Je leur demande s'il est possible d'en trouver une correcte dans la région. Non. Le mieux est dans la région de Valence. À Almussafes, j'aurais pu en déguster une excellente. Mais je ne savais pas et j'ai loupé le coche. Dommage. Lorsque nous avons fait connaissance avec José Ignacio, il m'avait dit que son grand-père maternel était né à la Font de la Figuera comme le mien. Nos deux aïeux se sont peut-être croisés, mais les noms de famille que je lui donne ne lui disent rien. Il ne sait pas en quelle année est né son grand-père. Peut-être sommes-nous de lointains cousins. Je doute que nous le sachions un jour. Il demande la note. Le patron plisse les yeux et réfléchit. Il annonce le tarif. José Ramon se charge de régler puisque ce matin j'ai payé les petits déjeuners. Mais hier midi, José Ignacio avait réglé nos consommations et hier soir, José Ramon a payé nos bières. Ça devient compliqué les comptes d'apothicaire.

 Nous voici très confortablement installés à la Casa Rural El Balcon de Mancha. Les José ont leur chambre et j'ai la mienne. La dame étant adorable, j'en profite pour lui demander du fil et une aiguille afin de recoudre les bas de mon pantalon. Elle me livrera le tout dans la soirée. En fin d'après-midi, nous déambulons dans les rues de Tembleque. Nous admirons le Palacio de las Torres, joyau de style baroque, tombant en décrépitude. À priori, une rénovation est prévue. Au sommet de ses deux tours, se sont installées des cigognes dans leurs nids géants. Puis, nous ne perdons pas les coutumes du pays en consommant notre bière du soir en terrasse. Nous nous posons Plaza Mayor, riche d'une architecture Castillane très bien restaurée. Nous terminons la soirée dans le restaurant contigu à l'hôtel. Très bonne cuisine avec un vin fruité que j'apprécie. Seul bémol, une corrida dans les arènes de Madrid est retransmise sur les téléviseurs. Répugnant ... Je n'en ai pas envie, mais je dois bien m'y coller. Je me lance dans la haute couture de mon pantalon. C'est assez rapide, mais pour la qualité, on repassera ... J'espère que mon œuvre durera au moins jusqu'à la fin de mon périple. L'avenir proche nous le dira.

 

Comptes d'apothicaire
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Tembleque
Tembleque
Tembleque
Tembleque
Tembleque
Tembleque
Tembleque
Tembleque

Tembleque

Palacio de Las Torres
Palacio de Las Torres
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T
Jolis ces paysages !
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K
buenas tardes isa pas beaucoup de monde sur les places même les paysages semblent désertiques. Hier nous avons passé une bonne soirée chez Thérèse. Jacquot et sa troupe jouait don juan de molière. Très bien. oh la la comme ça me manque le théatre. Sur ta photo ce sont surement les deux josé mais qui est qui. buenas noches belle isa des bises angevines
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