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Toledo

La petite maison dans la prairie

La petite maison dans la prairie

J'ai mal dormi. J'ai trop mangé hier soir. Et je rêvais sans cesse de la grande étape d'aujourd'hui. Je sors du lit à 6h15. J'ouvre la fenêtre pour prendre la température. Il fait doux et il n'y a pas vent. Je déjeune des deux croissants et du lait achetés hier. Les magasins ne vendent le lait qu'en litre. C'est beaucoup trop pour un oiseau de passage. Je laisse le restant sur la table en écrivant sur la brique qu'elle a été ouverte ce matin. En espérant que la boisson ne finisse pas dans le l'évier. 7h10, je mets les voiles, laissant José Ramon à ses ronflements de l'autre côté du mur. C'est parti pour une petite balade de 35,5 kilomètres.

Il y a longtemps que je ne suis pas partie seule. Ça fait du bien. Ça sent la pluie, les routes sont humides. Il y a des gens dans la rue. Je ne sais pas s'ils terminent leur nuit où s'ils commencent leur journée. Sans doute un peu des deux. Je profite du dernier réverbère à la sortie de la ville pour bien mémoriser le chemin indiqué dans le guide. Il fait encore nuit noire et je suppose le ciel chargé de nuages. J'avance sur une route bitumée, puis prends un chemin sablonneux de couleur claire. Cela m'aide à me réperer. Derrière, le Castillo qui veillait sur moi la veille, est éclairé sur son promontoire. Je devine des amandiers bordant le chemin. Après trois quarts d'heure de marche, la nuit s'est déjà bien dissipée et je distingue beaucoup plus nettement ce qui m'entoure. Le paysage n'a rien de spectaculaire comparé à celui d'hier. Mais la vision des reliefs au loin est toujours aussi attrayante. L'un d'entre eux est chapeauté par le Castillo d'Almonacid de Toledo. Sur ma gauche, se trouvent des amandiers d'où s'échappent des aboiements. Je vois un gros chien jaune qui me fixe en avançant sur son territoire. Je ne fais pas la maligne, je marche droit devant dans le silence et sans défier l'animal du regard. Lorsqu'il s'aperçoit que je ne fais que passer, il n'insiste pas. Ce n'était pas un chien de berger, mais un chien de verger. Me voici marchant le long de l'autoroute. Ce n'est pas normal. J'ai dû louper une bifurcation et je me rallonge sur une étape déjà trop grande. Je ne tarde pas à retrouver le bon chemin. J'avance agréablement entre roseaux et pins. Mes pieds foulent le sable. La chaleur est douce. À présent, le balisage devient plus rare, pour ne pas dire inexistant. Heureusement que j'ai mon guide qui propose de longer l'autoroute jusqu'à Nambroca. Je prends cette option, au moins je suis sûre de ne pas me tromper. Je n'ai pas le temps de m'ennuyer. Échanges de messages avec l'auberge de jeunesse que j'ai réservée pour les deux prochaines nuits. Je dois compléter un formulaire en ligne et joindre ma carte d'identité. Pas forcément aisé lorsque l'on est en train de marcher. Mais, il faut bien s'y mettre. Heureusement qu'il ne pleut pas. Je pique-nique à la sortie de Nambroca. Je suis surprise qu'une ville si importante ne propose pas d'hébergement. Il y a un hôtel ayant mis la clé sous la porte. Personne n'a pris la relève. La cité est pourtant idéalement située à mi-chemin entre Mora et Toledo. Recharger mes batteries me fait le plus grand bien. Je suis d'attaque pour les 16 kilomètres restants. Peu de temps après, J'arrive à Burgillos de Toledo. Aussi vaste que la précédente ville, elle ne propose pas d'hébergements non plus. La traversée en montée est longue, mais je suis récompensée par une vue splendide sur la ville et la vallée. Derrière moi, j'aperçois de nouveau le Castillo d'Almonacid de Toledo. Il fait chaud, c'est bien. Arrivée en haut du raidillon, le paysage se dégage et je vois plus loin encore. De nombreux arbres, des villes, des reliefs dans le fond. Sur ma gauche, apparaît Cobisa, prochaine étape. Surprise, je n'ai plus d'eau et il me reste 11 kilomètres à parcourir ... J'avais emporté presque deux litres. J'espère trouver un bar ouvert à Cobisa. J'ai bon espoir, il y en avait partout où je suis passée depuis ce matin. Il y en a un dès l'entrée de la ville. Je me ravitaille et me perds. Le guide n'est pas clair et le balisage non plus. Google Maps va m'aider. Je termine les trois derniers kilomètres sur la nationale pas trop passagère en ce dimanche après-midi. Je ne pense pas m'être rallongée, mais je n'ai pas gagné de terrain non plus. Toledo apparaît sous un ciel voilé, encaissée dans la vallée. Une couleur ocre uniforme s'impose majestueusement. Le Tage vient lécher les fondations de la cité. Que de joyaux architecturaux à découvrir. Beaucoup de détours sont nécessaires pour accéder à la ville. Il faut contourner les différents courants d'eau. À première vue, une semaine sur place ne serait pas de trop pour faire le tour de Toledo et ses environs proches. L'arrivée à l'auberge de jeunesse est très sportive. La journée de repos demain sera la bienvenue. La place Zocodover grouille de monde. Je trouve facilement l'auberge et m'y installe. L'accueil est très bien et les chambres parfaites. J'ai réservé dans un dortoir pour femmes de quatre lits. Je suis seule pour le moment. La salle de bains est attenante. C'est bien mieux qu'à l'auberge de Valence.

Depuis bien longtemps, me voici de nouveau seule devant ma bière en terrasse. Je devais retrouver José Ramon arrivé en taxi, mais sa fille est venue le voir. J'apprécie d'être seule aussi. Je me retrouve avec moi-même, c'est différent. Je suis sur la place Zocodover, très animée à cette heure-ci. C'est très plaisant d'être dans une grande ville touristique. En principe, je fuis les endroits à touristes, mais pendant le chemin, j'apprécie. Le bar faisant restaurant, je commande une pizza. Il y a beaucoup de choix sur la carte et plus celle-ci est conséquente, moins la cuisine est élaborée. Les paëllas ne me tentent pas. Je n'ai pas envie d'être déçue. Les tarifs pratiqués sont bien différents de ceux que l'on peut constater dans les villes moyennes. Tous les restaurants ne sont pas à la portée du porte-monnaie du pèlerin. Je commande une pizza que j'avale en trois bouchées et demi. Elle était bonne mais je ne suis pas rassasiée. 35 kilomètres, ça n'use pas que les souliers, ça ouvre l'estomac surtout. Je vais prendre un dessert. Je ne peux pas rentrer comme ça. Peu à peu, la terrasse se vide. On ne vient toujours pas me demander si je veux autre chose. Je suis peut-être trop impatiente. J'attends. Je n'attends plus. Je commande une tarte Mazapan sans savoir ce que c'est. Très particulier. En France, en novembre, c'est le mois sans tabac. En Espagne, en octobre, c'est le mois avec sucre. C'est la debandade, je me lâche complètement ... Je rentre à l'albergue. Manu à l'accueil, m'a dit qu'une autre femme serait dans la chambre ce soir. Lorsque je rentre à 21h, elle n'est pas encore arrivée. Je suis un peu fatiguée, c'est sans doute normal. Bonne nuit.

 

Mascaraque
Mascaraque
Mascaraque
Mascaraque
Mascaraque

Mascaraque

Almonacid de Toledo

Almonacid de Toledo

Toledo
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Toledo
Toledo
Toledo
Toledo
Toledo
Toledo
Toledo
Toledo
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Burgillos de Toledo
Burgillos de Toledo

Burgillos de Toledo

Cobisa

Cobisa

Toledo
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Toledo
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Toledo

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T
Ça à l’air magnifique Toledo !
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K
Bravo isa pour cette étape. J'aime beaucoup les photos des oliviers. Si j'ai bien compris demain c'est repos. Ça va faire du bien. Buenos noches des bizettes
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