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Majestueux oliviers

Olivier

Olivier

Aïe aïe aïe ! Il est 6h30 lorsque je me rappelle que j'ai laissé mes chaussures sur la terrasse. Heureusement que je ne suis pas à Angers. Je pense qu'elles auraient été bien humides ... Je les récupère juste un peu fraîches, ce qui ne leur aura pas fait de mal.

Un seul bar est ouvert ce matin pour le petit-déjeuner. Il s'agit de celui où nous avons bu notre bière hier midi. Le patron n'a qu'un seul morceau de pain à nous proposer que je laisse à José Ignacio. Il le tartine de purée de tomates et d'huile d'olive, son rituel matinal. José Ramon opte pour des churros. Oh la la, dès le matin ! Ceci dit, ils ne sont pas saupoudrés de sucre. Mais tout de même, le gras à cette heure-ci, très peu pour moi. Je prends du gâteau qui me donnera fin dans une heure, mais aujourd'hui, j'ai ce qu'il faut dans mon sac pour pallier à cela. Ce matin, le patron ne grignote pas derrière son zinc.

Il fait plus frais ce matin. La météo annonce une température à 23 degrés seulement pour cet après-midi. Le mercure commence sa descente en pente douce. Nous partons tous trois vers la sortie de la ville. José Ramon s'aperçoit qu'il a oublié de se ravitailler en eau. Il retourne au bar et nous demande de ne pas l'attendre. José Ignacio souhaite patienter malgré tout. Quant à moi, je préfère partir, sachant que les deux hommes n'auront pas de difficulté à me rattraper. Quelques temps après, je me retourne et vois José Ignacio seul. Lorsqu'il arrive à ma hauteur, il m'explique que José Ramon n'est pas revenu. Nous cheminons à deux. Je n'avais pas compris qu'il s'arrêtait à Mora, je pensais qu'il allait jusqu'à Toledo. Il aura juste à reprendre sa voiture arrivé à Mora et à rebrousser chemin jusqu'à Valence. Il ne sait pas quand il pourra continuer le Camino commencé en 2016.

Le paysage revêt des champs labourés, libérés de toute culture. L'horizon est arrêté par une large barrière rocheuse. Soudain, le soleil illumine le tableau, laissant apparaître une brume dans le lointain. L'ensemble est magnifique. Telles les rencontres, le moment est éphémère. On a le sentiment d'être ailleurs, l'espace d'un instant et surtout, d'en avoir pleinement conscience. Quelle richesse ! Sur ma gauche ondulent des reliefs aux courbes élégantes. La nature sait être sensuelle. Puis, les terres vierges se peuplent d'amandiers. Après moult efforts et tentatives, le soleil parvient enfin à déchirer les nuages. Je m'extasie devant la clarté qui captive mon regard. Il fait chaud, j'enlève ma veste. Arrivés à Villanueva de Bogas, nous nous apercevons qu'il existe deux chemins pour rejoindre Mora. Celui que nous empruntons est celui indiqué par mon guide. Il ne s'agit plus du Camino de Levant, mais du Camino de Sureste. Il est plus court de deux kilomètres par rapport au Levant qu'à probablement suivi José Ramon. Nous nous posons en terrasse pour un rafraîchissement et poursuivons. Cette seconde partie de l'étape est différente. Elle présente davantage de végétation, notamment des oliviers. La lande est très sauvage et les montagnes nous font face. L'une d'elles est surmontée d'un Castillo. Nous marchons sans le soleil en cette fin de matinée. La piste sablonneuse devient très tortueuse. Tandis que nous évoluons, le Castillo ne nous perd jamais de vue. La lande se raréfie pour bientôt disparaître et laisser la place aux seuls oliviers. Certains sont très vieux à en constater la largeur de leurs troncs. Combien de générations de pèlerins ont-ils vu passées ? À mesure que j'avance, des milliers de spécimens s'offrent à ma vue. C'est sublime, majestueux. Je n'ai jamais rien observé de tel en matière d'oliviers. Mon regard se nourrit de ses arbres méditerranéens. Parfois, leurs essences me parviennent, éveillant ainsi mon odorat. Rien ne vient troubler cette osmose avec la nature. Des oliviers à perte de vue et à flanc de montagne. Je me retourne. Ils emplissent l'espace à 360 degrés. Quel spectacle !

Je passe ensuite sur l'autre versant de la montagne. Les oliviers se sont évanouis au profit des amandiers, toutefois bien moins nombreux. La vigne est également présente. La plaine se dessine devant moi, repoussant au loin les reliefs. Mora apparaît et le Castillo veille désormais sur moi dans mon dos. Lorsque j'arrive au cœur de la ville, je retrouve les José devant une bière, sur la terrasse de l'hôtel restaurant Agripino. J'en commande une également. José Ramon et moi réservons nos chambres dans l'établissement et allons poser nos sacs. Nous partons tous les trois à la police locale afin de faire tamponner nos credentials. Mais nous trouvons porte close. Nous nous contenterons du tampon de l'hôtel. L'heure du départ a sonné pour José Ignacio avec qui nous échangeons de chaleureux adieux. Nous gagnons nos quartiers pour une douche bienvenue. De l'autre côté de la cloison, j'entends ronfler José Ramon, alors que je sors faire mes emplettes pour demain.

À 18h30, je retrouve le désormais seul José. Il vient de commander un taxi non pas pour Tobrouk, mais pour Toledo. À 75 ans, il a le droit d'avoir mal aux jambes et de craindre une étape de 35 kilomètres comme celle de demain. Il paraît facilement dix ans de moins que son âge. Je trouve cela formidable de marcher à 75 ans. Cela me donne de l'espoir, ma carrière de marcheuse a de l'avenir ! À la terrasse d'un café, nous conversons via Google traducteur. Heureusement que cet outil très utile existe. Puis, retour à l'hôtel où nous profitons du restaurant asiatique. Je bois ma première sangria du périple. Elle ne casse pas trois pattes à un canard. Mais bon, elle est buvable. Je commande un rouleau de printemps, mais c'est un rouleau compresseur qui arrive. Je n'ai jamais vu ça. En principe, c'est tout petit. Mais là, il fait la taille d'un gros friand. Vient ensuite un plat de nouilles chinoises. C'était bon, mais la digestion ne va pas être facile ... Repos du guerrier avant la longue étape de 35 kilomètres demain.

 

 

 

Clin d'œil

Clin d'œil

Majestueux oliviers
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Police locale de Mora
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Police locale de Mora

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T
75 ans !!! C'est pas croyable, si c'est bien lui la photo, il ne les fait pas ! En tout cas sacré leçon...
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K
Oh la la isa 35 kms . Te voilà avec un seul José courage bises du dimanche soir
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