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Un dernier article ... Pour le chemin

Un dernier article ... Pour le chemin

Je suis dans le train qui m'emmène à Irun. Demain, départ d'Hendaye, direction Angers. Les quatre semaines durant lesquelles j'ai marché semblent être passées vite et lentement à la fois. Tous ces instants vécus m'ont fait perdre la notion du temps. J'ai apprécié tous les terrains que mes pieds ont foulés. Bien sûr, avec plus ou moins d'intensité. La communauté de Valencia est magnifique avec ses milliers d'orangers, de citronniers, de mandariniers, de grenadiers. Elle est également habillée de reliefs venant rehausser ces paysages arborés. Puis, j'ai continué par la Castilla la Mancha avec ses plaines à n'en plus finir où l'horizon est sans limite. Oliviers et amandiers ont la part belle dans ces immensités. Là encore, les reliefs sont présents pour la touche finale de ces nombreuses peintures. Je n'aurai passé que peu de temps en Castilla y León. Mais le peu que j'ai découvert a fini de combler mon regard avide de nature. Les reliefs sont de véritables montagnes que j'ai gravies avec toujours cette soif d'aller plus haut pour me rapprocher des cieux . Dans toutes les régions, j'ai ressenti ce bonheur de se sentir seul au monde. Jamais je n'oublierai cela. La vie du marcheur est faite de contrastes. Pas seulement en ce qui concerne les paysages, mais tout ce qui gravite autour. C'est notamment le cas pour pour les hébergements. Je suis passée de la bouche d'égout à l'hôtel trois étoiles, de l'accueil paroissial au vieux vestiaire de foot. Les tarifs vont de 0 à 40 euros. Je ne m'en sors pas trop mal à ce niveau, malgré les nombreuses albergues municipales fermées suite à la pandémie. Les différences existent également entre petites et grandes villes. Le prix de la bière n'est pas le même partout !

Le chemin, c'est aussi la découverte de soi. On n'en finit jamais de se connaître. Cette découverte à travers les rencontres que l'on fait. Des liens plus ou moins éphémères se tissent. La plus belle de ces rencontres restera celle de mes cousins à La Font de la Figuera. C'était inattendu, inespéré. Un accueil très chaleureux m'a été réservé. À cela, s'ajoute la rencontre avec cette ville qui vit naître mon grand-père. Cette étape était incontestablement la plus riche en émotions. Alors que je me croyais seule à cheminer en ce mois d'octobre, est apparu le trio de baliseurs, Pépi, Toni et Pascual. Nous avons partagé quelques pas, quelques repas, quelques bières, quelques hébergements. Il faut du temps pour apprendre à se connaître mutuellement. Mais j'ai beaucoup appris de ces brefs échanges. Est arrivé ensuite dans la sphère, José Ignacio. Nous avons davantage échangé. D'une part, il parle anglais (enfin comme moi, mais nous arrivions à nous comprendre). D'autre part, étant seuls tous les deux, c'est plus facile de communiquer par rapport à un groupe, surtout lorsqu'il y a la barrière de la langue. Idées et goûts similaires, le courant est de suite passé, même si au final, nous ne savons que très peu de choses l'un sur l'autre. Nous avons en tout cas ce point commun que nos grands-pères soient nés dans la même commune. José Ignacio a marché cinq jours, c'est peu et beaucoup à la fois. Nous sommes restés en contact. Enfin, ce fut au tour de José Ramon de se greffer à nous. Je l'ai finalement assez peu côtoyé, seulement deux jours je crois. Il ne parle pas anglais et lorsque que José Ignacio est parti, il nous était plus difficile de communiquer. Le traducteur Google a ses limites. Ce n'est pas très "humain" d'échanger de la sorte. En tout cas, José Ramon m'aura impressionnée par sa forme physique et son âge. Cheminer ainsi à 75 ans, chapeau bas. Nous avons chacun continué nos chemins en décalé. Les marcheurs que l'on rencontre ne font qu'un passage éclair dans nos vies. Et pourtant, aussi court soit le temps passé ensemble, on arrive à s'attacher, à vivre notre passion commune. Ces échanges sont beaux et enrichissants. Depuis Toledo, j'ai de nouveau marché seule, chose que j'ai appréciée. Néanmoins, partager le chemin, les soirées, les dortoirs avec d'autres est très intéressant aussi. Finalement, un peu des deux, c'est parfait. Quoique, j'ai toujours une préférence pour marcher seule majoritairement. 

Tout ceci fait la richesse de l'Espagne et du chemin, une belle osmose entre ces rencontres avec la nature, avec l'humain. Tout s'imbrique de façon naturelle.

Le bonus que j'évoquais après mon passage à La Font de la Figuera fut majestueux. Je n'avais plus de but, ma quête était atteinte. Il ne me restait que le plaisir à cueillir là où il se trouve, c'est-à-dire partout.

Ma dernière étape fut particulière. C'est une des plus belles de ces quatre semaines. Au niveau émotions ressenties, je la positionne à la seconde place derrière l'étape qui m'a conduite à La Font de la Figuera. Bien que les émotions n'avaient pas les mêmes origines. Le contraste de cette dernière marche est assez fort. Le soir, dans ma chambre d'hôtel, je devais bien admettre qu'elle serait la dernière. Même si la raison l'emporte, cela suscite néanmoins une certaine tristesse, mais toute relative et qui, à l'image des rencontres, est restée éphémère. J'ai terminé sur cette délicieuse étape. Si j'avais su que c'était la dernière je ne l'aurais pas vécu de la même manière. C'est très bien ainsi.

À présent, j'ai le sentiment de quitter une amie, mais ce n'est qu'un au revoir. Je reverrai l'Espagne qui coule en mes veines.

Je sais d'ores et déjà qu'il me faudra un peu de temps pour sortir de ma confortable bulle et revenir parmi les miens, parmi mon quotidien.

Ainsi s'achève ce récit que j'ai pris énormément de plaisir à écrire, mais surtout à vivre, afin de vous le partager. Je vous remercie vivement des attentions, des mots touchants que vous m'avez témoignés.

À bientôt ... Sur la Vie !

 

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T
Franchement, un grand respect pour avoir accompli ce que je n'aurais eu pas la force de faire. Il t'a fallu un sacré mental et grâce à toi, par procuration, j'ai pu mieux connaitre nos origines...merci pour ça !!! A bientôt sur la vie !!!
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J
Hé bien, une aventure se termine, et quelle aventure ! C'est certain que cela doit être une belle découverte de soi. J'admire : Bravo Isa Jack ! Et au plaisir autour d'une bière. Bises.
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D
Aujourdhui je pense que tu es revenue chez toi. merci de nous avoir fait partager tes émotions .
je ne sais que dire sinon que tu es une belle personne ,je te souhait le meilleur pour ton retour dans ce monde un peu fou.
je t'embrasse affectueusement .à bientôt au téléphonne.
je pense à toi et toute ta petite famille.
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K
et voila c'est fini. La vie nous réserve des surprises. A bientôt de te voir chère Isa. Ne rentre pas trop vite.
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C
Hey corolle
Magnifique aventure que tu viens de nous faire vivre.
Je me suis chaque jour régalée de tes articles. Vivement le prochain périple. Bon retour en Anjou. Bisous bisous
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